Certains médias font feu de tout bois lorsqu'il s'agit de tirer à boulet rouge sur le la gauche en général, et le parti socialiste en particulier. Au cas où vous ne le sauriez pas, il y a une polémique estivale : le rappeur Orelsan n'est pas programmé aux Francofolies. Et les artistes, les médias s'indignent de cette déprogrammation. A l'origine, un clip illustrant son titre "Sale pute", un modèle du genre, dans lequel le jeune rappeur chante un texte d'une rare violence envers les femmes. Le texte, insoutenable, a été critiqué par de nombreuses associations, des politiques, des artistes. L'artiste, depuis, s'est excusé publiquement pour ces paroles, et il n'a jamais chanté cette chanson sur scène.
Et voilà que soudain, avec la déprogrammation des Francofolies, ce qui se fait le plus entendre, ce n'est pas les propos tenus (le clip circule toujours sur Internet, et l'artiste a tardé avant de présenter ses excuses, ce qui était plus perçu comme une tactique marketing liée à la pression de la maison de disques plutôt qu'un acte spontané et sincère), mais la déprogrammation. Et à votre avis, qui se cache - selon Jean-Louis Foulquier, fondateur du festival, derrière cette déprogrammation? Ségolène Royal! Et rien sur la teneur des propos.
Il est évident que cette censure n'est pas une bonne chose, mais cette question mérite plus qu'une conclusion aussi ridicule, privant un jeune artiste d'une prestigieuse scène d'une part, et stigmatisant une femme politique, parce que c'est dans l'air du temps, en lui prêtant des propos qui ne sont pas vérifiés, comme si, parce qu'il s'agit d'une femme, les médias pouvaient faire l'économie d'une enquête plus appuyée, et comme s'ils savaient déjà que de toute façon, leur toute puissance les mettra à l'abri de toute poursuite. On peut dire ce que l'on veut sur les politiques, mais on ne s'indignera jamais de propos aussi détestables que ceux véhiculés par le texte de ce chanteur. A suivre...