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L’UMP part à l’assaut des régions pour les élections de 2010 : stratégie et analyse.

La guerre des régions a déjà commencé. Les tractations au sein de la droite n'en sont qu'un élément perceptible. Le second étant l'accompagnement des réformes phares de la rentrée.

Poursuite de l'affaiblissement du Parti Socialiste

La première des "missions" de l'UMP est la poursuite de l'affaiblissement du parti socialiste. Certes, ce parti n'a pas besoin de la droite pour s'affaiblir, la guerre pour son leadership étant la principale cause de ses maux, mais la droite l'y aide autant qu'elle le peut. D'ailleurs, une comparaison pourrait être vite faite entre les tentatives multiples de "ridiculiser" le parti par les principaux dirigeants du principal parti de droite, et les actions menées par Sergio Berlusconi en Italie pour tenter depuis des années de ringardiser le puissant parti communiste. En Italie, cette tentative s'est soldée par une transformation du Parti Communiste, qui a su se régénérer en changeant d'identité. Il a renoué avec la victoire grâce à des coalitions avec le centre gauche... puis a perdu les précédentes élections italiennes.

En France, la stratégie est différente et est somme toute assez simple dans son fonctionnement. Première étape : "l'ouverture". Qui en réalité n'en est pas une. Elle se calque sur le fonctionnement cupide de l'esprit humain, et sur son opportunisme. Lorsqu'on est issu d'un parti politique dans lequel on a exercé des fonctions importantes, et que l'on s'aperçoit soudain que l'on va faire partie de l'opposition pendant plusieurs années, on n'a pas forcément envie de se battre pour les idées de gauche (Kouchner, Rocard, Besson, Lang, Allègre...). Accepter de changer de camp, c'est s'assurer d'avoir des ressources financières pour les années à venir. Cette conception, très simpliste, est celle qui voit en un parti politique une entreprise à gagner. C'est une conception individualiste, il n'y a plus à proprement parler de projet politique ou d'idéologie, c'est l'intérêt personnel, au contraire, qui prévaut.

L'équipe de Nicolas Sarkozy (a dissocier des cadres de l'UMP, qui ne partagent pas tous cette conception) a bien compris l'intérêt d'ouvrir l'équipe gouvernementale à la "gauche". Cela permet de brouiller les idées chez les militants de gauche, qui se demandent quand même dans quel monde vivent-ils pour voir changer des personnalités politiques en lesquelles ils avaient placer leurs espoirs. Alors, soit ils pensent que de toute façon les politiques sont tous les mêmes, soit ils se disent qu'il faut évoluer, que ces socialistes qui changent de parti comme ils changent de chemise sont des progressistes. Dans un cas comme dans l'autre, les bénéfices pour la droite sont énormes : ils divisent le plus grand parti de gauche, engrangent de nouveaux militants "progressistes" et envoient les autres à la pêche ou à la pétanque le jour des élections. Restent les autres militants de gauche, les vrais, moins nombreux, plus faibles, moins utopistes, plus enclins à penser que la mondialisation dévorera tout. Ce ne sont pas les plus archaïques.

Mais cette première étape d'ouverture est à double tranchant pour la droite. Confondre les genres, c'est plutôt bien lorsqu'on a si peu de valeurs morales, mais encore faut-il qu'il reste du travail pour tout le monde à droite. Et on se souvient à ce sujet de l'agacement de Lelouch ou de Devedjan pour ne citer qu'eux, lorsqu'ils voyaient les gros porte-feuilles ministériels s'évanouir sous leurs yeux, pour des personnalités d'un parti opposé. Ceux-là, il aura fallu de la patience à la bande à Sarkozy pour se les mettre dans la poche!

La première étape de l'affaiblissement réalisée, il faut passer à la seconde.

Deuxième étape : après l'affaiblissement du Parti Socialiste en le dépossédant de ses membres les plus cupides, ambitieux ou opportunistes, l'affaiblir physiquement, sur le terrain.

Le problème, c'est la crise économique. Comment poursuivre une politique de droite lorsqu'on fait des cadeaux fiscaux aux plus riches, et qu'ils n'y a pas assez d'argent dans les caisses pour poursuivre la distribution des cadeaux aux plus priviliégiés des français? Avec un peu d'ingéniosité et le soutien de la presse, on y arrive. Ecoutez attentivement les journaux radio ou télé, il est très difficile d'y entendre la moindre critique sur la politique économique de notre pays. Pourtant, il y a de quoi se révolter. Imaginez un peu : un parti politique qui a toujours critiqué les dépenses de l'Etat lorsqu'il était dans l'opposition, et qui est à l'origine à lui seul d'un déficit public colossal. Traduction dans les médias, toutes les fois où l'on parlera de déficit, on associera "tous les gouvernements précédents, de gauche comme de droite". Ce qui n'est pas faut non plus, mais la gauche au pouvoir, cela fait longtemps qu'on ne l'a pas vue.

Pis encore, dans ce contexte économique difficile, lorsque les chiffres sont optimistes, c'est grâce à l'action du gouvernement. Dans le cas inverse, c'est à cause de la crise. Avez-vous entendu Christine Lagarde cette semaine fanfaronner sur les chiffres de la croissance? Elle a répété au moins quatre fois dans son entretien "grâce à Nicolas Sarkozy". Mais le plus gros dans cette affaire, c'est l'appel à un emprunt national. Les françaises et français ignorent peut-être encore de quoi il s'agit. Très concrètement, l'Etat demande de l'argent à de généreux prêteurs, et les rembourseront avec des intérêts qui tiendront compte du taux d'inflation. Mais qui prêtera? Celles et ceux qui en auront les moyens, et qui seront remerciés généreusement. Qui remboursera? Tous les contribuables, par le biais des impôts, y compris bien entendu ceux qui n'auront pas eu d'argent à prêter. Appelons-les "les pauvres".

Mais nous nous égarons, et oublions dans tout ça de parler de la deuxième étape dans la stratégie gouvernementale. Vous avez tous compris que les socialistes sont des ringards n'est-ce pas? Bon, le problème, c'est qu'il en reste encore, ils ne peuvent pas tous être recueillis dans l'arche de Nicolas. Mais où sont-ils donc? Partout, dans les villes, les cantons, les départements, les régions. Ah! Les régions. Nous y voilà. Je vous ai parlé de Christine Lagarde. Elle a aussi dit quelque chose de très important dans son discours, mis à part "gloire à Sarkozy" à plusieurs reprises. Elle a dit que ces chiffres de la croissance, pour la première fois positifs (mais elle n'a pas parlé des effets des soldes estivales et des répercutions sur la croissance), l'encourageait à poursuivre les réformes pour la rentrée, et particulièrement, la réforme sur la taxe professionnelle.

La taxe professionnelle : l'arme fatale contre la gauche.

Mais qu'est-ce donc que cette taxe professionnelle pour laquelle on n'y entend rien? Là encore, nous allons faire simple : la taxe profesionnelle est une taxe payée par les entreprises dans le territoire où elles sont implantées. Les bénéficières en sont les lycées professionnels et les collectivités territoriales. Cette taxe, disons-le clairement, sert à faire vivre les lycées professionnels, les conseils généraux et régionaux, bref, tous les services décentralisés, qui permettent à une région de rester autonome, en dépit des nombreux désengagements de l'Etat. Par exemple, lorsqu'un gouvernement de droite dit que le RMI et le RSA seront assurés par les départements en lieu et place de l'Etat, cela fait des frais supplémentaires pour les départements. Cela permet des réductions fiscales au niveau de l'Etat, mais une augmentation au niveau des impôts locaux.

Et justement, pour récupérer les régions perdues, la droite, sans scrupule aucun (mais avouons que c'est habile, disgracieux mais habile) va faire disparaître la taxe professionnelle.

La machine à gagner de la droite fonctionne, vous l'avez vu, comme un terrible rouleau compresseur. D'abord, applatir les idées, puis applatir les finances, pour régner en maître. Mais, me direz-vous. Ils vont quand même le payer un jour, non? Oui, ils le paieront peut-être un jour, en attendant, sans opposition audible, visible dans les médias, avec des discours forts mais honnêtes, la droite sera là pour longtemps encore.

Cerise sur le gâteau, et pour finir, pendant que la gauche se désagrège, la droite ratisse large, très large.

Car après avoir amoindri le centre en intégrant l'UDF en son sein et en marginalisant François Bayrou médiatiquement (car le Modem reste fort sur le terrain), la droite veut récupérer toutes les voix possibles, du centre gauche à l'extrême droite. Aïe! L'extrême droite. C'est un vilain mot. Mais qui peut croire que dans un pays démocratique où le parti d'extrême droite a réussi à hisser au deuxième tour d'une présidentielle son leader, les voix de l'extrême droite se sont évaporées? Personne! Car les voix sont toujours là, et Nicolas Sarkozy les a fédérées dans ses discours sécuritaristes et sa politique immigratoire qui a franchi les limites de l'acceptable dans les milieux des droits de l'homme. D'ailleurs, si ce n'est déjà fait, régalez-vous donc du petit article en dernière page du Canard enchaîné du mercredi 12 août. Vous y lirez (ou relirez) un aveu d'Alain Minc, un ami à Nicolas Sarkozy (enfin, l'ami de ceux qui ont du pouvoir...) qui déclare que Nicolas Sarkozy a gagné grâce aux voix d'extrême droite. "Admirable envolée d'Alain Minc, auquel "Le Point" (6/8) demande si c'est "au verbe d'Henri Guaino" que Sarkozy doit sa "victoire" de 2007 : "Pas du tout! C'est le pari faustien de Sarkozy de ramener les électeurs du FN qui s'est révélé gagnant, la musique de Guaino n'a fait que l'accompagner". C'est d'ailleurs un secret pour personne. Donc, imaginez les régionales avec les "brebis progressistes de gauche", les centristes égarés, les voix de l'extrême droite, la tentative de récupérer des écologistes perdus avec le Grenelle-de-l'environnement-poudre-aux-yeux, les électeurs traditionnels de la droite républicaine, plus, grande nouveauté, les électeurs de De Villiers qui a pactisé avec Sarkozy cette semaine, et avec lui, Chasse, Pêche, Nature et Tradition. Un grand "melting-pot" qui part à l'assaut des régions... A suivre!

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Francofolies : déprogrammation du rappeur Orelsan

Certains médias font feu de tout bois lorsqu'il s'agit de tirer à boulet rouge sur le la gauche en général, et le parti socialiste en particulier. Au cas où vous ne le sauriez pas, il y a une polémique estivale : le rappeur Orelsan n'est pas programmé aux Francofolies. Et les artistes, les médias s'indignent de cette déprogrammation. A l'origine, un clip illustrant son titre "Sale pute", un modèle du genre, dans lequel le jeune rappeur chante un texte d'une rare violence envers les femmes. Le texte, insoutenable, a été critiqué par de nombreuses associations, des politiques, des artistes. L'artiste, depuis, s'est excusé publiquement pour ces paroles, et il n'a jamais chanté cette chanson sur scène.

Et voilà que soudain, avec la déprogrammation des Francofolies, ce qui se fait le plus entendre, ce n'est pas les propos tenus (le clip circule toujours sur Internet, et l'artiste a tardé avant de présenter ses excuses, ce qui était plus perçu comme une tactique marketing liée à la pression de la maison de disques plutôt qu'un acte spontané et sincère), mais la déprogrammation. Et à votre avis, qui se cache - selon Jean-Louis Foulquier, fondateur du festival, derrière cette déprogrammation? Ségolène Royal! Et rien sur la teneur des propos.

Il est évident que cette censure n'est pas une bonne chose, mais cette question mérite plus qu'une conclusion aussi ridicule, privant un jeune artiste d'une prestigieuse scène d'une part, et stigmatisant une femme politique, parce que c'est dans l'air du temps, en lui prêtant des propos qui ne sont pas vérifiés, comme si, parce qu'il s'agit d'une femme, les médias pouvaient faire l'économie d'une enquête plus appuyée, et comme s'ils savaient déjà que de toute façon, leur toute puissance les mettra à l'abri de toute poursuite. On peut dire ce que l'on veut sur les politiques, mais on ne s'indignera jamais de propos aussi détestables que ceux véhiculés par le texte de ce chanteur. A suivre...

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Le Parti Socialiste se lance dans la campagne européenne depuis Toulouse

1600 personnes étaient présentes à la Halle aux grains à Toulouse pour assister au lancement officiel de la campagne du Parti Socialiste pour les élections européennes. Martine Aubry, première secrétaire du parti, a souhaité "une Europe nouvelle, moins sauvage", reprenant les propos de Jean Jaurès, qui était député à moins de cent kilomètres du meeting, à Carmaux.

Martine Aubry a fixé deux objectifs pour les élections : sanctionner la politique de Nicolas Sarkozy, et tacler l'actuel président de la commission européenne, José Manuel Barroso.

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