L'Europe somme les agriculteurs français de rembourser des aides octroyées entre 1992 et 2002. Ces aides auraient faussé la concurrence au sein de l'Union Européenne. C'est ce qu'a annoncé Bruno Le Maire dans Le Parisien daté du 3 août 2009. Le montant du remboursement serait estimé à près de 500 millions d'euros. Une somme que les producteurs français ne peuvent pas supporter, selon leurs dires, car cela entraînerait bon nombre de producteurs à la ruine, dans un contexte économique peu favorable.
Sans jeu de mots, Bruno le Maire est la bonne poire du gouvernement, lui qui succède à Michel Barnier, devenu depuis peu, ironie du sort, député européen. C'est donc un lourd dossier que devra gérer Bruno Le Maire, trop conscient du risque pour la France de devoir payer des intérêts beaucoup plus lourds à supporter, dans l'hypothèse où le paiement ne serait pas exécuté très vite.
La question reste à savoir qui devra encore s'acquitter de la dette. La gouvernance Sarkozy a en effet embarqué la France dans un déficit public jamais atteint. Si la logique veut que les producteurs de fruits et légumes concernés remboursent cette somme, en pratique ce sera plus compliqué, car certains d'entre eux sont décédés depuis, d'autres ont fait faillite. Ce sera sans doute l'Etat, donc les contribuables, qui prendra certainement en charge cette dette agricole.
Au final, ce sera le consommateur qui sera doublement sanctionné : rembourser la dette, et continuer à payer des fruits et légumes à un prix qui ne permet pas, comme le veut le slogan martelé à l’excès, de manger au moins cinq fruits et légumes par jour…